Dans cet article
- Pourquoi vos emails de prospection finissent en spam
- Étape 1 : configurer SPF, DKIM et DMARC
- Étape 2 : un domaine dédié, chauffé progressivement
- Étape 3 : des volumes et un rythme qui ressemblent à un humain
- Étape 4 : nettoyer la liste avant d'envoyer
- Étape 5 : un email que les filtres et les gens acceptent
- Étape 6 : lien de désinscription et taux de plainte
- Étape 7 : surveiller et réagir
- FAQ
La délivrabilité d'un email de prospection, c'est la part de vos messages qui arrivent en boîte de réception plutôt qu'en spam ou nulle part. Elle repose sur quatre leviers que vous maîtrisez : un domaine d'envoi authentifié (SPF, DKIM, DMARC), une chauffe progressive, des volumes raisonnables et une liste propre avec peu de rebonds. Ce guide reprend chaque étape dans l'ordre où la faire, avec les réglages et les habitudes qui gardent un domaine de prospection en bonne santé pendant des mois.
Pourquoi vos emails de prospection finissent en spam
Gmail, Outlook, Orange, Free ou les grands fournisseurs belges décident en une fraction de seconde où va un message. Ils regardent qui vous êtes (domaine authentifié, âge, historique), comment réagissent les destinataires (ouvertures, réponses, suppressions, signalements) et à quoi ressemble le message (liens, images, formulations).
Un email de prospection part avec un handicap : le destinataire ne vous connaît pas. Tous les autres signaux doivent donc être irréprochables. Les causes les plus fréquentes, à peu près dans l'ordre :
- un domaine sans SPF, DKIM ou DMARC, ou avec des enregistrements qui ne correspondent pas à l'outil d'envoi ;
- un domaine tout neuf qui envoie des dizaines d'emails dès le premier jour ;
- une liste pleine d'adresses mortes, donc un taux de rebond élevé ;
- des destinataires qui signalent le message comme spam parce qu'il ne les concernait pas ou qu'ils ne trouvaient pas comment se désinscrire ;
- un premier email chargé en HTML, liens, images, pièces jointes ou pixels de suivi.
La délivrabilité est une réputation, pas un réglage. Elle se construit lentement et peut se perdre en un seul mauvais envoi.
Étape 1 : configurer SPF, DKIM et DMARC
Ces trois enregistrements DNS prouvent que vous avez le droit d'envoyer des emails au nom de votre domaine. Gmail et Yahoo les exigent désormais des expéditeurs en volume, et la plupart des autres fournisseurs se méfient de leur absence. Vous les ajoutez dans la zone DNS du domaine (chez votre registrar ou votre hébergeur, par exemple OVHcloud, Gandi, IONOS) ; votre outil d'envoi vous donne les valeurs exactes.
| Enregistrement | À quoi il sert | Valeur type (exemple) |
|---|---|---|
| SPF (TXT sur le domaine) | Liste les serveurs autorisés à envoyer pour le domaine | v=spf1 include:_spf.votrefournisseur.com ~all |
| DKIM (TXT sur un sélecteur) | Ajoute une signature chiffrée à chaque email | Une longue clé publique fournie par l'outil |
DMARC (TXT sur _dmarc) |
Indique quoi faire si SPF/DKIM échouent, envoie des rapports | v=DMARC1; p=none; rua=mailto:dmarc@votredomaine.fr |
| MX | Permet au domaine de recevoir les réponses | Les serveurs de votre messagerie |
Les erreurs classiques
- Deux enregistrements SPF : un domaine ne doit en avoir qu'un. Regroupez les
include:sur une seule ligne. - DKIM généré mais pas activé : beaucoup d'outils créent la clé mais laissent la signature désactivée tant que vous n'avez pas cliqué.
- DMARC directement en reject : commencez par
p=nonepour recevoir les rapports, puis passez àquarantinequand tous vos expéditeurs légitimes sont conformes. - Pas de MX sur le domaine de prospection : si les réponses rebondissent, le prospect le voit, et les fournisseurs aussi.
Pour vérifier, envoyez-vous un email de test et ouvrez l'original du message : vous devez lire « SPF pass », « DKIM pass » et « DMARC pass » dans les en-têtes.
Étape 2 : un domaine dédié, chauffé progressivement
Ne prospectez jamais depuis le domaine principal de votre entreprise. Si sa réputation chute, vos factures et vos échanges clients partent en spam eux aussi. Achetez une variante proche (par exemple votremarque-pro.fr ou equipe-votremarque.fr), redirigez son site vers le site principal et créez une à trois boîtes avec de vrais prénoms et une vraie signature.
Un domaine neuf n'a pas d'historique : les fournisseurs le surveillent de près. Le chauffer, c'est envoyer un petit nombre croissant d'emails que les gens ouvrent et auxquels ils répondent. Commencez par vos contacts, collègues et partenaires, puis ajoutez des prospects peu à peu.
| Semaine | Emails par boîte et par jour | Quoi envoyer |
|---|---|---|
| 1 | 5 à 10 | De vrais échanges avec des personnes que vous connaissez |
| 2 | 10 à 20 | Contacts connus et prospects les plus chauds |
| 3 | 20 à 30 | Prospection bien ciblée |
| 4 et après | 30 à 50 au maximum | Prospection, au même rythme chaque jour ouvré |
Ce sont des fourchettes prudentes, pas des limites officielles. La régularité compte plus que le chiffre exact : 30 emails chaque jour ouvré paraissent bien plus naturels que 150 le lundi puis plus rien pendant une semaine. Les services de chauffe automatique peuvent aider, mais ne remplacent pas de vraies réponses de vraies personnes.
Étape 3 : des volumes et un rythme qui ressemblent à un humain
Une fois le domaine chauffé, restez raisonnable. Pour toucher plus de prospects, ajoutez des boîtes (voire un second domaine) plutôt que de pousser une seule boîte au-delà de ce qu'enverrait une personne.
- Étalez les envois sur la journée, avec des écarts aléatoires de quelques minutes.
- Pour la plupart des commerces, envoyez du mardi au jeudi en matinée ; évitez les restaurants pendant le service et les boutiques le samedi.
- Arrêtez la séquence dès qu'une personne répond, même par « non merci ».
- Mettez une boîte en pause si les rebonds ou les signalements montent d'un coup, et trouvez la cause avant de reprendre.
Pour le calendrier et le contenu des relances, voyez notre guide de la relance de prospection.
Étape 4 : nettoyer la liste avant d'envoyer
Le taux de rebond est l'un des signaux négatifs les plus forts. Une règle courante consiste à rester sous 2 % de rebonds définitifs par campagne ; au-delà, les fournisseurs supposent que vous avez acheté une vieille liste ou inventé des adresses. Trois contrôles éliminent l'essentiel des problèmes :
- La syntaxe : pas d'espace, pas de
@manquant, pas de faute évidente commegmial.comouorange.fe. - Le domaine : il doit exister et disposer d'enregistrements MX, c'est-à-dire pouvoir recevoir du courrier.
- La pertinence : retirez les adresses techniques ou de tiers (celle du développeur du site, de la plateforme de réservation, les
noreply@) et les personnes qui ont demandé à ne plus être contactées.
C'est là que la source de votre liste compte. Sur Prospya, le domaine de chaque email est vérifié pour sa capacité à recevoir du courrier (syntaxe et DNS) avant d'être affiché, et les adresses techniques sont retirées. Sur les 944 117 établissements de la base, 564 013 ont un email, soit 60 %, et un filtre permet de ne garder qu'eux.
Exemple : 565 des 1 131 salons de coiffure à Paris ont aujourd'hui un email, de quoi tenir plusieurs semaines d'envois prudents depuis deux boîtes.
Si vous avez déjà un fichier, vous pouvez le compléter plutôt que de repartir de zéro. Et pour retrouver une adresse précise, notre article trouver l'email d'une entreprise détaille les méthodes gratuites.
Étape 5 : un email que les filtres et les gens acceptent
Les filtres ne se contentent plus de listes de mots interdits, mais les bases restent valables. Surtout, la réaction des destinataires pèse lourd : un email auquel on répond améliore votre réputation, un email qu'on supprime ou qu'on signale l'abîme.
Ce qui aide
- Du texte brut, court (60 à 120 mots), écrit comme par une personne, pas comme une newsletter.
- Une vraie personnalisation : un fait réel sur l'établissement (sa note, ses avis, l'absence de site, une ouverture récente). Insérer seulement le prénom n'est pas de la personnalisation.
- Une seule question à la fin, facile à trancher.
- Une signature complète : nom, entreprise, téléphone, adresse. Un expéditeur anonyme est suspect.
Ce qui pénalise
- Plusieurs liens, des liens raccourcis, des images et des pièces jointes dès le premier email.
- Les pixels d'ouverture et le suivi des clics sur un domaine de suivi partagé ; si vous suivez, utilisez un domaine de suivi personnalisé.
- Le même texte envoyé à des centaines de personnes : variez au moins la première phrase.
- Les objets racoleurs (« gratuit », « urgent », majuscules, points d'exclamation).
Des exemples à adapter se trouvent dans nos modèles d'email de prospection B2B. L'assistant IA de Prospya rédige un email par commerce à partir de votre offre et de faits réels sur l'établissement : chaque message est différent par construction.
Étape 6 : lien de désinscription et taux de plainte
Chaque email de prospection doit contenir un moyen simple et gratuit de ne plus recevoir de messages. C'est une obligation en prospection B2B en France comme en Belgique, et c'est aussi votre meilleur allié pour la délivrabilité : un prospect qui peut se désinscrire en un clic n'appuie pas sur « Signaler comme spam ».
Gmail et Yahoo demandent aussi aux expéditeurs en volume de proposer la désinscription en un clic dans les en-têtes et de garder un taux de plainte très bas (0,3 % est leur plafond affiché, visez bien en dessous). La plupart des outils ajoutent l'en-tête pour vous : vérifiez qu'il est activé. Puis appliquez chaque désinscription immédiatement, sur toutes vos listes. Les emails rédigés par l'IA de Prospya se terminent par un lien de désinscription vers une page en un clic, et le marquage « Ne plus contacter » écarte ces commerces de vos recherches suivantes.
Pour le cadre légal (adresses génériques ou nominatives, intérêt légitime, ce qu'il faut conserver), lisez notre guide RGPD et prospection B2B.
Étape 7 : surveiller et réagir
La délivrabilité ne se règle pas une fois pour toutes. Regardez quelques indicateurs chaque semaine :
| Indicateur | Bon signe | Signal d'alerte |
|---|---|---|
| Taux de rebond définitif | Sous 2 % | Au-dessus de 3 % et en hausse |
| Taux de réponse | Stable ou en progression | Chute brutale avec le même message |
| Signalements comme spam | Proches de zéro | Des plaintes régulières |
| Réputation du domaine (Google Postmaster Tools) | Moyenne à élevée | Faible ou mauvaise |
| Listes noires | Non listé | Présent sur une liste majeure |
En cas d'alerte, arrêtez les envois depuis la boîte concernée, cherchez la cause (un lot d'adresses douteuses, un enregistrement DNS modifié, un modèle qui agace), corrigez, puis reprenez doucement. Continuer à envoyer depuis un domaine dégradé ne fait que creuser le trou.
Si vous êtes une agence et prospectez pour plusieurs clients, gardez un domaine d'envoi par client et ne mélangez jamais leurs listes. Notre page pour les agences marketing explique comment une équipe partage crédits, contacts et CRM sans surcoût.
FAQ
Quel est un bon taux de délivrabilité pour un email de prospection ?
Il n'existe pas de chiffre universel, car les fournisseurs ne disent pas où un email a atterri. En pratique, visez moins de 2 % de rebonds définitifs, quasiment aucun signalement comme spam et un taux de réponse stable d'une semaine à l'autre. Une chute soudaine des réponses, avec le même message et le même type de prospects, est souvent le premier signe d'un passage en spam.
Combien d'emails de prospection envoyer par jour sans tomber en spam ?
La plupart des professionnels restent entre 30 et 50 emails de prospection par boîte et par jour une fois le domaine chauffé, et beaucoup moins pendant les premières semaines. Ce sont des fourchettes prudentes, pas des limites officielles. Pour envoyer davantage, ajoutez des boîtes ou un second domaine au lieu de forcer une seule boîte, et gardez un rythme régulier chaque jour ouvré.
Combien de temps faut-il pour chauffer un nouveau domaine ?
Comptez trois à quatre semaines avant d'atteindre des volumes normaux. Commencez par quelques vrais échanges par jour, puis ajoutez des prospects progressivement à mesure que les réponses arrivent. Un domaine acheté quelques mois plus tôt et utilisé légèrement se chauffe plus vite qu'un domaine enregistré la veille. Brûler cette étape est la première cause de passage en spam des nouveaux domaines.
SPF, DKIM et DMARC sont-ils obligatoires pour prospecter par email ?
Dans les faits, oui. Sans eux, beaucoup de fournisseurs se méfient de vos emails ou les rejettent, et Gmail et Yahoo exigent les trois des expéditeurs en volume. SPF liste les serveurs autorisés, DKIM signe chaque message, DMARC indique quoi faire en cas d'échec. Démarrez DMARC en p=none, lisez les rapports, puis durcissez la règle quand tous vos envois légitimes passent les contrôles.
Le lien de désinscription nuit-il à la délivrabilité ?
Non, il l'améliore. Un moyen visible de se désinscrire en un clic offre une alternative au bouton « spam », et un signalement fait bien plus de dégâts qu'une désinscription. C'est en outre obligatoire en prospection B2B en France et en Belgique. Placez le lien en texte simple en bas de l'email, vérifiez que l'en-tête de désinscription en un clic est actif et retirez la personne de toutes vos listes.